Les modes de représentation des objets sur des supports plans sont toujours des conventions reconnues pour leurs capacités à informer sur la volumétrie. Le décryptage de l'objet graphique permet la compréhension spatiale de ce qu'il est censé représenter, comme la partition permet au musicien initié d'imaginer la musique.
Dans le cas d'une perspective conique, la représentation se veut illusionniste et prétend rendre l'image de la réalité. Mais, comme pour les dessins techniques où les conventions sont partagées par les différents membres d'un même groupe professionnel qui doit pouvoir les utiliser sans les interpréter, les perspectives parallèles ou cavalières ne prétendent pas donner l'image observée de la réalité, mais offrent le plus d'information possible sur les caractéristiques physiques et volumétrique de l'objet représenté, permettant la mesure directe sur le plan.
Pour les séries des "objets spécifiques", j'ai un peu inversé la règle. Ainsi, les formules qui président à la construction dessinée d'un volume ont été utilisées, non pas pour un dessin mais pour construire des volumes simples. En se déplaçant autour de ces objets étranges, à un moment, l'axe de vision donne une image qui coïncide avec le souvenir du dessin d'un parallélépipède rectangle. Malgré la perception première de la réalité de la volumétrie observée, le cerveau préfère corriger et se rassurer en interprétant la forme pour la faire entrer dans le répertoire des formes connues.

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Stéphane Lallemand

"Objets spécifiques " (1988 -1989).....

Série des Objets Spécifiques

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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